Réforme des pensions 2026 : Un coup de batte dans les roustons !

Vous l’aviez vue venir, la grande “réforme historique” qui devait entrer en vigueur en 2026 ?
Eh bien, accrochez-vous : elle ne verra probablement pas le jour dans les temps, victime de la crise gouvernementale, des guerres d’ego et d’un niveau d’incompétence politique qui dépasse désormais le folklore belge pour entrer dans le domaine de l’art contemporain.

Parce qu’entre deux conférences de presse et trois crises internes, personne — absolument personne — n’est à la barre. Le fameux calendrier 2026 ?
Oublié. Disparu. Évaporé.
Et pendant que la coalition s’écroule comme un château de cartes trempé sous la pluie bruxelloise, les futurs pensionnés, eux, attendent, stressent, et surtout… trinquent.

Une réforme présentée comme “juste”, mais écrite pour économiser sur le dos des vieux

Dans sa version actuelle, la réforme des pensions se présente comme un chef-d’œuvre technocratique : incompréhensible, opaque, et surtout conçue pour dégager des économies en pressant les personnes âgées comme des citrons.

Qu’y trouve-t-on ?

Voici le menu :

  • Suppression rétroactive des périodes assimilées antérieures dans le calcul de la pension.
    Oui, rétroactive. On efface le passé, comme si les années de chômage involontaires, les crédits-temps, les interruptions imposées… n’avaient jamais existé et ne sont donc plus comptabilisées pour le calcul de la pension.
  • Durcissement drastique des conditions pour la pension anticipée, avec un malus appliqué comme un coup de massue à ceux qui n’ont “pas assez” travaillé selon les nouvelles règles — même s’ils ont passé une vie à bosser dans des métiers pénibles.
  • Accent mis sur les “années effectives”, comme si les travailleurs avaient tous eu des carrières linéaires dans un marché du travail stable et équitable.
    Spoiler : ce n’est pas le cas.
  • Un système qui récompense les carrières parfaites… donc presque personne.

Bref : une réforme vendue comme “plus juste”, mais surtout plus rentable… pour l’État.

Des conséquences concrètes et dévastatrices

Parce qu’il ne suffit pas de dire “ah oui, c’est dur”. Il faut montrer à quel point ça va abîmer des vies.
Voici quelques exemples parfaitement réalistes :


1. Fatima, 63 ans, carrière hachée mais réelle

  • 15 années de travail avant 2000
  • 10 années assimilées (maladie longue durée, soin d’un proche, chômage structurel)
  • 8 années de travail depuis

Avant la réforme :
Les années assimilées comptaient → carrière de 33 ans → une pension modeste, mais vivable.

Après la réforme :
10 années assimilées effacées → elle n’a plus que 23 ans reconnus → pension ± 900 € brut, soit ± 760 € net.
Elle pourra aller choisir entre :

  • travailler jusqu’à 70 ans dans un métier qui détruit le dos,
  • ou accepter une pension de misère, façon obole médiévale.

2. Marc, 61 ans, construction

35 années de métier pénible, genoux détruits et chômage partiel après la crise de 2008.

Avant :
La pension anticipée à 61 ans : possible, même si serrée.

Avec la réforme :
Ah ! Surprise : plusieurs années ne comptent plus.
Sa carrière “officielle” ne dépasse même plus le seuil minimal.
Résultat :

  • pas de pension anticipée
  • malus sévère
  • et s’il prend sa pension tôt, on lui retire 4 % par an. Donc ± 1 140 € brut, soit ± 950 € net.
    Oui, on appelle ça un rabotage. Ou un massacre, au choix.

3. Les milliers de gens qui ont suivi les règles de l’époque

On leur avait dit :

“Ne vous inquiétez pas, ces années-là compteront pour votre pension.”

Ils ont cru l’État.
Ils auraient mieux fait de croire à la loterie nationale.

La réforme efface des décennies d’accumulation, comme si les gens avaient volontairement choisi d’être malades, au chômage ou en interruption.
C’est de la rétroactivité punitive pure et simple.


Un gouvernement en ruine, mais la facture reste pour les citoyens

Et pourtant, une lueur d’espoir :
Le Gouvernement est en crise car le budget 2026 n’a pas pu être voté. Ainsi, cette réforme ne sera pas appliquée pour 2026 comme prévu.

La raison est triviale. Le MR refuse toute augmentation de la TVA voulue par De Wever. Ce dernier a menacé de se rendre chez le Roi (entendez par là déposer sa démission) pour Noël si le blocage persiste.
Durant ce temps, chaque mois, des dizaines de milliers de Belges en colère manifestent dans les rues de Bruxelles et organisent des grèves générales à répétition et paralysent ainsi le pays.

Nous avons donc le tiercé gagnant : des masses laborieuses en révolte, un gouvernement en crise avec un premier ministre sur le point de démissionner. Tout va bien.

Le gouvernement s’écroule ?
Pas grave.
Les pensions des vieux ?
Ça, on peut toujours les sacrifier. «De toute façon, ils sont tellement vieux et malades… Dieu lui-même ne les aime pas !» Pensent sans doute De Wever et Bouchez. Ou encore, «Qu’ils ne se plaignent pas de leur condition, au lieu de bosser comme des cons, ils auraient dû monter une start-up basée sur l’IA valorisée à un milliard de dollars. Ça tombe sous le sens, n’est-ce pas ?».


Conclusion : une réforme catastrophique… mais pas pour tout le monde

L’État économise.
Le gouvernement patine.
Les partis se déchirent.
Et pendant ce temps, ce sont des millions de seniors qui vont se retrouver avec des pensions amputées, rabotées, démolies.

Et tout ça dans un pays où la classe politique a le culot de se féliciter de sa “responsabilité budgétaire”.

La prochaine manif a lieu à Bruxelles le 26 novembre alors, si vous n’avez rien de prévu, vous savez quoi faire …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *