Il y a quelques années encore, la voiture autonome relevait de la science-fiction. Aujourd’hui, elle roule déjà dans certaines villes, transporte des passagers sans conducteur… et commence à livrer des colis.
Pour les livreurs Uber Eats et Deliveroo, la question n’est plus de savoir si cette technologie va arriver, mais quand elle va commencer à remplacer massivement des humains.
Et la réponse pourrait être plus proche qu’on ne le pense.
Une technologie déjà en phase d’atterrissage
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, la voiture autonome n’est pas bloquée. Elle est simplement en transition.
Aujourd’hui, on distingue plusieurs niveaux d’autonomie. Les véhicules actuels sont majoritairement au niveau 2 (assistance avancée), mais les niveaux supérieurs arrivent rapidement.
- Les premiers véhicules niveau 4 (quasi autonomes) pourraient être déployés en Europe dès 2027
- Le niveau 5 (autonomie totale sans volant) est envisagé à partir de 2035
- Des villes européennes pilotes vont tester ces véhicules dès cette année
Autrement dit : la phase expérimentale est terminée. On entre dans la phase industrielle.
Et surtout, les investissements explosent. Le marché mondial pourrait passer de 4,5 milliards en 2026 à près de 80 milliards en 2034
Quand autant d’argent est en jeu, une chose est sûre : la machine est lancée.
Livraison : le terrain idéal pour remplacer l’humain
S’il y a un secteur où la voiture autonome va frapper fort, c’est la livraison.
Pourquoi ?
Parce que la livraison coche toutes les cases :
- trajets répétitifs
- optimisation algorithmique
- pression sur les coûts
- besoin de disponibilité 24h/24
Déjà aujourd’hui, des tests existent :
- robots qui livrent sur trottoir
- petits véhicules autonomes pour colis
- navettes logistiques en zone urbaine
Les grandes entreprises l’ont compris : le dernier kilomètre est le maillon le plus cher.
Et un robot ne demande :
- ni salaire
- ni pause
- ni assurance sociale
- ni repos
C’est là que le danger devient très concret.

Le scénario réaliste : remplacement progressif, pas brutal
Non, demain matin, Bruxelles ne sera pas envahie de voitures sans chauffeur.
Mais le remplacement va être progressif, et surtout… invisible.
Étape 1 (2026–2030)
- zones pilotes (centres-villes, campus, zones fermées)
- livraisons automatisées sur de courtes distances
- complément des livreurs humains
Étape 2 (2030–2035)
- généralisation des flottes autonomes
- baisse massive des coûts logistiques
- pression sur les revenus des livreurs
Étape 3 (après 2035)
- disparition partielle de certains métiers
- domination des systèmes automatisés
D’ailleurs, plusieurs analyses estiment clairement que des professions comme chauffeurs, livreurs ou routiers pourraient disparaître progressivement

Le vrai danger pour les livreurs : la logique économique
Le problème n’est pas technologique.
Le problème, c’est la logique des plateformes.
Uber, Deliveroo et consorts fonctionnent déjà avec :
- algorithmes
- optimisation en temps réel
- réduction maximale des coûts
La voiture autonome s’intègre parfaitement dans ce modèle.
Elle ne remplace pas seulement le livreur.
Elle supprime complètement le coût humain.
Et dans une industrie où les marges sont serrées, cela change tout.
Bruxelles : un terrain compliqué… mais pas protégé
On pourrait croire que Bruxelles est à l’abri :
- circulation chaotique
- vélos, scooters, piétons partout
- rues étroites
Mais c’est exactement ce type d’environnement que les ingénieurs cherchent à maîtriser.
Et les progrès sont rapides :
- capteurs LIDAR
- intelligence artificielle
- systèmes V2X (véhicule connecté à la ville)
À terme, une machine pourrait conduire mieux qu’un humain dans ce chaos.
Tous les véhicules autonomes un jour ?
La grande question : est-ce qu’un jour, tous les véhicules seront autonomes ?
La réponse honnête : probablement oui… mais pas avant longtemps.
- 2030 : minorité de véhicules autonomes
- 2040 : adoption massive dans certaines villes
- 2050 : domination probable
Mais il restera toujours :
- des véhicules classiques
- des contraintes légales
- des résistances culturelles
Ce ne sera pas un basculement brutal.
Ce sera une lente substitution.

Conclusion : une révolution qui ne dit pas son nom
Ainsi, les plateformes ne sont pas prêtes d’abandonner des marchés stratégiques comme Bruxelles ou d’autres grandes villes européennes. Bien au contraire, elles y consolident leur présence, préparent le terrain et affinent leurs modèles.
Car derrière cette occupation du territoire se dessine une perspective beaucoup plus radicale : celle d’une logistique entièrement automatisée. La conduite autonome promet, à terme, des gains colossaux en supprimant purement et simplement le facteur humain dans le transport.
Ce n’est pas de la science-fiction. C’est une trajectoire industrielle, déjà engagée, qui s’inscrit clairement dans la stratégie à long terme de ces entreprises.
Aujourd’hui, les plateformes fonctionnent encore grâce aux livreurs humains. Mais demain, dès lors que ces derniers deviendront économiquement obsolètes, leur remplacement pourrait s’opérer rapidement, massivement… et sans retour en arrière.