Uber Eats, Deliveroo ou Takeaway : quelle plateforme est vraiment la plus avantageuse pour un livreur ?

Lorsqu’un livreur compare Uber Eats, Deliveroo et Takeaway, il pense souvent comparer des niveaux de rémunération. En réalité, il compare surtout trois modèles de travail profondément différents, dont les écarts financiers se réduisent fortement dès lors que l’on tient compte de la réalité du terrain, des charges et des contraintes quotidiennes.

Uber Eats et Deliveroo reposent sur un modèle d’indépendance quasi totale. Le livreur se connecte quand il le souhaite, choisit ses plages horaires et est payé à la course. Cette liberté est séduisante, surtout lorsqu’on débute ou lorsqu’on cherche à maximiser ses revenus sur des périodes ciblées. Les montants affichés par livraison peuvent sembler élevés, notamment lors des heures de pointe, des soirées ou par mauvais temps. Mais cette apparente rentabilité masque une réalité plus complexe. Les cotisations sociales, les impôts, l’assurance, l’équipement, le carburant, l’entretien du véhicule et le matériel de travail sont entièrement à charge du livreur. Une fois tous ces éléments intégrés, le revenu net réel est souvent bien inférieur à ce que laissent croire les chiffres bruts affichés dans l’application.

Takeaway fonctionne selon une logique radicalement différente. Le livreur y est salarié, avec un contrat de travail, un salaire horaire et un minimum garanti, indépendamment du nombre de commandes effectuées. Les cotisations sociales sont prises en charge par l’employeur, l’équipement est fourni et le revenu est stable et prévisible. Cette sécurité constitue un avantage important, notamment pour celles et ceux qui cherchent un cadre clair et une protection sociale classique. Il existe toutefois une contrepartie souvent méconnue. Les livreurs Takeaway relèvent de la commission paritaire 335, et non de la 140.03, ce qui est moins avantageux pour le travailleur en termes de barèmes salariaux. Le salaire horaire est plus bas que ce que certains imaginent et les marges d’évolution restent limitées.

C’est précisément à ce stade que la comparaison devient plus nuancée. Une fois les taxes, les cotisations et les frais d’équipement intégrés pour Uber Eats et Deliveroo, l’écart avec Takeaway se réduit fortement. Dans de nombreux cas, on aboutit à des revenus nets relativement proches. Uber Eats et Deliveroo conservent parfois un léger avantage financier, surtout pour les livreurs très actifs, expérimentés et capables d’optimiser leurs horaires. Takeaway compense ce différentiel par la stabilité, la régularité et la garantie d’un revenu minimum, y compris lors des périodes creuses où les plateformes à la course deviennent nettement moins rentables.

Il faut toutefois distinguer une situation très concrète, souvent vécue sur le terrain. Pour quelqu’un qui a besoin de faire de l’argent rapidement, sans attendre une embauche ni une mise en place contractuelle, les plateformes Uber Eats et Deliveroo conservent un avantage clair. À condition d’être expérimenté, de bien connaître la ville, les zones rentables et les horaires stratégiques, et surtout d’être correctement motorisé, avec au minimum un scooter 125 cc permettant d’enchaîner les courses efficacement. Dans ce contexte précis, et quitte à accepter l’idée de payer des taxes plus tard, la combinaison intelligente d’Uber Eats et de Deliveroo apparaît comme la solution la plus efficace pour générer du revenu à court terme.

Ce modèle n’est ni le plus stable ni le plus protecteur sur le long terme, mais il répond parfaitement à un objectif précis : maximiser les entrées d’argent rapidement. À l’inverse, Takeaway s’adresse davantage à celles et ceux qui privilégient la sécurité, la prévisibilité et un cadre salarial, même si celui-ci repose sur une commission paritaire moins favorable. Au final, il n’existe pas de plateforme objectivement supérieure aux autres. Il existe surtout des profils de livreurs, des besoins différents et des compromis assumés. Une fois les chiffres posés calmement sur la table, ces trois plateformes mènent souvent à des résultats étonnamment proches. La vraie différence ne se situe pas uniquement dans l’argent, mais dans la manière de travailler… et de vivre le métier de livreur.

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