Elle ne possède ni moteur surpuissant, ni suspensions sophistiquées, ni équipement spectaculaire. Pourtant, lorsqu’on examine son prix, sa consommation, sa fiabilité et son coût d’entretien, une question s’impose : la Honda CB125F ne serait-elle pas, tout simplement, la moto parfaite pour travailler et se déplacer au quotidien ?

Un prix d’achat minimal
La première qualité de la CB125F est son prix. Le modèle 2026 est affiché à 3 199 euros en Belgique, tandis que le millésime 2024 reste annoncé à 2 999 euros. C’est exceptionnellement bas pour une moto neuve construite par une grande marque japonaise.
Pour cette somme, on obtient une véritable moto capable d’assurer les déplacements quotidiens, les trajets domicile-travail et même les livraisons urbaines. Il suffit de lui ajouter un top-case et éventuellement un support pour téléphone pour disposer d’un outil de travail complet.
Avec ses 117 kg tous pleins faits et sa selle située à 790 mm, elle est également très facile à manœuvrer. Dans les rues encombrées, son faible poids constitue un avantage considérable par rapport aux gros scooters.
Une mécanique réputée increvable
Le mot est peut-être un peu exagéré, car aucune mécanique n’est réellement indestructible. Mais la CB125F s’en approche sérieusement.
Son monocylindre de 124 cm³ refroidi par air développe seulement 8 kW, soit environ 11 chevaux. Il ne cherche pas la performance absolue. Il travaille avec des contraintes mécaniques relativement faibles et repose sur une architecture extrêmement simple : un cylindre, deux soupapes, une injection électronique et aucun système de refroidissement liquide.
Pas de radiateur, pas de pompe à eau, pas de circuit de liquide de refroidissement et très peu d’électronique compliquée. Moins il y a de pièces, moins il y a de risques de panne.
À condition de surveiller régulièrement le niveau d’huile, de respecter les entretiens et de maintenir correctement la chaîne, ce petit moteur peut accumuler un kilométrage impressionnant. C’est exactement ce que l’on attend d’une moto destinée à rouler tous les jours.
Une consommation dérisoire
C’est probablement son argument le plus spectaculaire. Honda annonce une consommation normalisée de seulement 1,4 litre aux 100 kilomètres. Avec son réservoir de 11 litres, son autonomie théorique approche ainsi les 800 kilomètres.
Dans la circulation réelle, avec les démarrages répétés, les arrêts, le poids du matériel et une conduite parfois soutenue, la consommation sera naturellement un peu plus élevée. Mais même à deux litres aux 100 kilomètres, elle demeure dérisoire.
À titre d’exemple, avec une essence coûtant 2 euros le litre :
- à 1,4 l/100 km, parcourir 100 kilomètres coûte environ 2,80 euros ;
- à 2 l/100 km, le même trajet coûte seulement 4 euros.
Pour un livreur parcourant plusieurs milliers de kilomètres chaque mois, la différence par rapport à un scooter plus lourd peut représenter plusieurs centaines d’euros économisés chaque année.

Un entretien minimal et accessible
La CB125F semble avoir été conçue pour ceux qui veulent pouvoir comprendre leur propre machine.
Le moteur est largement accessible et il n’est pas nécessaire de démonter une montagne de caches en plastique avant de commencer à travailler. Il n’y a ni variateur, ni courroie de transmission, ni système de refroidissement liquide. La transmission finale est assurée par une chaîne classique.
La vidange ne demande qu’environ un litre d’huile. Le nettoyage et la tension de la chaîne, le remplacement de la bougie, du filtre à air ou des plaquettes de frein restent relativement simples pour une personne possédant quelques outils et des connaissances mécaniques élémentaires.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut improviser : les freins, les pneus et les réglages importants doivent être contrôlés correctement. Mais contrairement à certains scooters entièrement carénés, la CB125F ne donne pas l’impression d’avoir été construite pour empêcher son propriétaire d’y toucher.

Un petit moteur qu’il faut savoir utiliser
Soyons honnêtes : avec environ 11 chevaux, la CB125F n’est pas une moto puissante. Les accélérations sont modestes et les dépassements doivent être anticipés. Sur une voie rapide, face au vent ou dans une forte montée, ses limites apparaissent rapidement.
Mais son moteur est associé à une boîte manuelle à cinq rapports, et cela change beaucoup de choses. Un conducteur qui sait employer correctement sa boîte peut obtenir des performances tout à fait honorables.
Il faut accepter de rétrograder, maintenir le moteur dans une plage de régime efficace et choisir le bon rapport avant une côte ou une accélération. Si l’on reste en cinquième à trop faible régime en attendant que la moto reparte toute seule, elle semblera terriblement lente. Si l’on utilise intelligemment les rapports, elle devient étonnamment volontaire.
Avec seulement 117 kg à déplacer, elle se montre vive et agréable dans la circulation urbaine. À Bruxelles, où les limitations sont généralement de 30 ou 50 km/h, son manque de puissance devient beaucoup moins problématique. Sa légèreté et sa maniabilité comptent alors davantage que sa vitesse maximale.
Alors, la moto parfaite ?
Pas pour tout le monde. La CB125F n’offre pratiquement aucune protection contre la pluie et le froid. Elle ne possède pas le coffre d’un scooter, son frein arrière est encore un tambour et son système de freinage combiné CBS ne remplace pas un véritable ABS. Elle n’est pas non plus destinée aux longs trajets autoroutiers.
Mais pour celui qui recherche avant tout un véhicule économique, fiable, léger et facile à entretenir, elle est extrêmement difficile à battre.
La CB125F ne cherche pas à impressionner. Elle ne promet ni luxe ni performances sportives. Elle se contente de démarrer chaque matin, de consommer presque rien et de continuer à rouler. Pour un navetteur, un étudiant ou un livreur qui surveille attentivement ses dépenses, c’est peut-être précisément cela, la moto parfaite.