Uber Eats fête ses 10 ans en Belgique : 57 millions de commandes… et les livreurs dans tout ça ?
Uber Eats célèbre dix ans en Belgique et près de 57 millions de commandes. Derrière ces chiffres, que disent réellement dix années de croissance sur le métier de livreur ?

Dix ans après son arrivée en Belgique, Uber Eats affiche des chiffres impressionnants : près de 57 millions de commandes, plus de 130,6 millions de kilomètres parcourus par les coursiers et près de 5 500 restaurants et commerces partenaires. Une décennie de croissance qui raconte beaucoup sur l’explosion de la livraison à domicile. Mais du point de vue des livreurs, une question reste entière : cette croissance s’est-elle aussi traduite par de meilleures conditions de travail ?
Dix ans pour changer les habitudes
Uber Eats a lancé ses activités en Belgique en 2016. À l’époque, la livraison via application était encore loin d’occuper la place qu’elle a aujourd’hui dans les grandes villes. Selon les chiffres publiés par la plateforme à l’occasion de son dixième anniversaire, les consommateurs belges ont depuis passé près de 57 millions de commandes.
Uber indique également que plus de 55 millions de repas ont été livrés, que près de 5 500 restaurants et commerces ont travaillé avec la plateforme et que les coursiers ont parcouru ensemble plus de 130,6 millions de kilomètres.
Le 1er janvier 2026 aurait même été la journée la plus chargée de l’histoire d’Uber Eats en Belgique. Autre évolution notable : les courses alimentaires, encore marginales au début, ont progressé d’environ 500 % depuis le lancement de ce service.
Une réussite commerciale qui repose aussi sur les coursiers
Ces chiffres montrent à quel point la livraison est devenue une infrastructure du quotidien. Derrière les dizaines de millions de commandes, il y a cependant des dizaines de millions de prises en charge au restaurant, d’attentes, de déplacements, de montées d’escaliers, de recherches d’adresses et de kilomètres effectués par des livreurs.
Le chiffre des 130,6 millions de kilomètres est particulièrement parlant. Il rappelle que le développement de la plateforme ne repose pas seulement sur une application, des restaurants et des consommateurs : il dépend aussi d’une main-d’œuvre mobile, disponible aux heures de pointe et capable d’absorber les variations permanentes de la demande.
Dans sa communication anniversaire, Uber remercie d’ailleurs explicitement les coursiers pour leur rôle dans cette croissance. Mais remercier n’est pas la même chose que mesurer l’évolution concrète de leurs revenus et de leurs conditions de travail.
57 millions de commandes… mais combien pour le livreur ?
Le bilan publié par Uber permet de mesurer l’expansion du service, pas celle de la rémunération des livreurs. Il ne dit pas comment le revenu moyen par livraison a évolué en dix ans, combien de temps un coursier reste connecté sans recevoir de commande, quelle part des kilomètres parcourus est réellement rémunérée ni comment les frais de véhicule, d’assurance, d’entretien ou d’équipement ont évolué.
C’est pourtant là que se trouve une grande partie de la réalité économique du métier.
Pour un livreur, une activité peut sembler très dynamique tout en devenant moins rentable si davantage de coursiers se partagent les mêmes commandes, si les temps d’attente augmentent ou si la rémunération par course baisse. À l’inverse, une forte demande peut être intéressante lorsque les commandes s’enchaînent rapidement et que les distances restent raisonnables.
Le métier s’est aussi profondément transformé
En dix ans, le contenu même du travail a changé. Le livreur de 2016 transportait surtout des repas. Celui de 2026 peut aussi prendre en charge des courses de supermarché et d’autres achats du quotidien.
Cette diversification peut apporter davantage de commandes en dehors des heures classiques du repas. Mais elle peut également signifier des sacs plus lourds, des prises en charge plus longues et des livraisons qui ressemblent davantage à de la logistique urbaine qu’à la simple livraison d’un repas.
La plateforme souligne aussi l’élargissement géographique de son service. Là encore, l’enjeu pour les coursiers est concret : plus le réseau s’étend, plus la question des distances, du repositionnement et du temps passé entre deux commandes devient importante.
Un anniversaire qui pose surtout la question des dix prochaines années
Uber Eats peut légitimement célébrer dix années de croissance en Belgique. Les chiffres montrent que la livraison par application est devenue une habitude durable pour une partie importante des consommateurs.
Pour les livreurs, le bilan est plus complexe. Le volume global de commandes est spectaculaire, mais il ne suffit pas à déterminer si le métier est devenu meilleur, plus stable ou plus rentable.
La vraie question pour la prochaine décennie sera donc moins de savoir si les plateformes peuvent encore augmenter le nombre de commandes que de savoir quelle place elles réserveront à ceux qui les transportent.
57 millions de commandes racontent le succès d’un service. Pour mesurer le succès du métier de livreur, il faut regarder autre chose : le revenu réel, le temps de travail, les kilomètres non payés, les frais supportés et la protection sociale.
Sources : données communiquées par Uber Eats Belgique à l’occasion de ses 10 ans, 1er octobre 2026 ; presse belge, octobre 2026. Les chiffres cités dans cet article proviennent de la plateforme et décrivent son activité propre.
Photo : Victor Aldabalde / Unsplash.



